
Le
SMPF a souhaité mener une enquête nationale auprès des pathologistes sur le
projet de « double lecture » prévu par l’INCa (cf Actu-Path du 15
Décembre 2009) afin de proposer une attitude commune
adaptée à votre pratique quotidienne, en préservant l’intérêt des patients.
Pour
rappel, le plan cancer 2009-2013 recommande de « systématiser la double
lecture de toutes les tumeurs malignes rares et des lymphomes, indispensable à
la confirmation diagnostique »
(mesure 20.3). Cette recommandation ne précise pas qu’elle doit être réalisée
par un expert hospitalo-universitaire.
Dans l’objectif de cette recommandation, l’INCa prévoit, à
partir du 1er Janvier 2010, un système de relecture (et non de
« double lecture ») systématique d’un certain nombre de cancers
considérés rares (lymphomes, sarcomes, tumeurs endocrines, mésothéliomes).
En
pratique, chaque médecin pathologiste, quel que soit son secteur d’activité,
diagnostiquant l’une de ces pathologies sur les prélèvements qui lui ont été
adressés devraient transmettre ses lames/blocs pour relecture à un médecin
pathologiste « désigné expert » dans le domaine concerné.
Les
médecins experts exerçant essentiellement en CHU/CLCC seraient organisés en
réseaux dans le but de créer un maillage régional. Ils devraient, en théorie,
justifier d’une activité minimale dans leur domaine d’expertise et être auteurs
de publications dans ce domaine.
Le
réseau, outre ce rôle de relecture, devrait avoir une activité de recherche
dans son domaine et transmettre à l’INCa des données épidémiologiques.
Cette
recommandation de l’INCa, sans concertation préalable avec le SMPF, soulève de
nombreuses difficultés et interrogations qui restent sans réponse
(dé-responsabilisation des pathologistes et suspicion envers la profession,
délais et responsabilité diagnostiques, qualification objective des experts,
discordance diagnostique entre les lecteurs, discrimination diagnostique envers
les patients atteints de pathologies tumorales plus fréquentes, extension à
d'autres pathologies, absence de contrôle des lésions pseudo-tumorales, …).
Enfin,
cette démarche anti-déontologique qui jette l’opprobre sur notre spécialité en
général et sur les pathologistes « non experts » en particulier
devrait être laissée à l’appréciation du Conseil National de l’Ordre des
Médecins et présenté à la Haute Autorité de Santé.
VOTRE PARTICIPATION ETAIT INDISPENSABLE ET NOUS VOUS EN REMERCIONS.